Textes

L’insouciance de l’enfance

Ce doux parfum de joie et d’allégresse, l’odeur des croissants, la chaleur apaisante du lait et ses arômes chocolatés, réchauffant nos mains encore froides. Le soleil naissant, encore timide, effleurant nos visages à travers la porte vitrée. Le chien qui se repose, paisiblement, sur l’herbe encore fraîche du jardin récemment fleuri. Les oiseaux qui chantent. Le vent qui souffle délicatement. La télévision qui bourdonne au salon, laissant défiler quelques dessins animés en vrac, pour qui souhaite les regarder. Les cartables bien trop lourds. Les trousses abritant en leur sein une palette infinie de feutres de couleurs. Quelques stylos, des cahiers, des billes, des souvenirs épars qui se distillent sans le savoir vraiment.

Des rêves qui s’éparpillent dans un esprit encore insouciant. Des sourires qui s’échappent à la moindre découverte. Les yeux ébahis par le monde extérieur et les nombreuses potentialités qui semblent s’offrir à nous. Rien ne semble être totalement inaccessible. Tout paraît même presque trop simple. Plus tard nous serons pompiers, avocats, et même aventuriers. Après tout, qu’est-ce qui nous en empêcherait ?

On s’imagine vivre de grandes aventures. On s’invente un univers qui ne correspond qu’à nous et que nul ne saura briser. On pense pouvoir tout vivre, tout voir, tout atteindre. La liberté semble nous tendre les bras. Le brouhaha extérieur n’est qu’un bruit parmi d’autres que l’on préfère ignorer. Seul nous importe de savourer l’instant, sans nulle autre pensée qui obscurcirait notre esprit. Le monde adulte, lui, nous paraît si terne et lointain. L’enfance, quant à elle, nous paraît éternelle.

Puis passent en boucle ces instants infinis, qui remplissent nos cœurs d’une ivresse passagère. Le sourire de maman, la collation de quatre heures. Les journées au parc, la balançoire, le carrousel. Les balades en bord de mer les jours de beau temps. Les copains. L’école, aussi. Les jeux de société du dimanche après-midi. Le vélo. La cabane. Les paysages qui défilent à travers la fenêtre de la voiture lorsque les vacances arrivent enfin. Les rires. Les pleurs, parfois. Pas une seule seconde ne semble inutile, l’essentiel est là.

Et si c’était finalement ça, la vie ? Profiter de chaque découverte comme un nouveau cadeau que la vie a à nous offrir. Saisir chaque nouveauté, sans s’encombrer de questionnement parasites. Juste les accueillir. Ignorer le futur, mais savourer le présent. Rêver, puis courir après ses rêves, et avoir l’illusion de pouvoir les toucher du bout des doigts. Apprendre, créer, sourire, sans se préoccuper du temps qui s’en va, qui file. Vivre chaque jour comme un renaissance, comme un nouveau départ.

L’enfance. Il suffit d’y penser et notre âme rajeunit. Même si ces réminiscences évoquent en nous une certaine nostalgie qui émerge doucement. En quelques instants, l’enfance paraît s’éloigner, elle paraît inatteignable. Et pourtant, elle ne disparaît jamais. Seule notre peau vieillit. Seules les années se rident. Quant à notre esprit, il demeure à jamais juvénile. L’enfant qui sommeille en nous ne semble pas décidé à nous quitter si facilement. Il nous guide, au quotidien. Dans nos choix, dans notre façon d’être, dans nos vies. Il s’imbrique dans nos têtes, comme une douce mélodie, délicieusement mélancolique, remplie d’optimisme et de bienveillance.

L’enfance nous protège et nous rassure lorsque l’on se met à douter de la pertinence de nos existences. Elle agit comme ce doudou que l’on serrait contre nous, plus jeunes, lorsque nous avions peur du noir. Elle nous accompagne, et ne nous laisse jamais seuls. L’enfance ne meurt jamais. Au contraire, elle survit, qu’importent les épreuves et les obstacles qui se trouvent en travers de nos routes respectives, et nous tient la main, sans jamais faire l’erreur de la lâcher.

1 réflexion au sujet de “L’insouciance de l’enfance”

  1. Effectivement notre esprit vieillit moins vite que notre corps. L’enfant que nous étions reste encore en nous et notre esprit vient s’y réfugier dans les moments difficiles. Ces jours heureux, les mots doux et rassurants de nos parents restent gravés dans notre âme et nous aident à aller toujours de l’avant . Très beau texte, bravo.

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